Juillet 2026. Port-sur-Saône (70). Mission du jour : faire le point sur les libellules, sauterelles et criquets d’un site naturel de 2 hectares composés de plusieurs mares.
Deux passages ont déjà été réalisés en mai et en juin pour tenter de croiser un maximum d’espèces.
À la toute fin du troisième passage (juillet), au niveau de la quatrième mare, un détail attire l’œil de Guillaume, chargé de missions au Conservatoire d’espaces naturels : une coquille de moule d’eau douce.
Un programme régional du Conservatoire botanique national de Bourgogne-Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés (CBNBFC-ORI) planche justement sur ces grandes oubliées de la biodiversité : les « méconnus de Franche-Comté ».
Direction Julien Ryelandt, spécialiste des mollusques au CBNFC-ORI, avec les photos !
Son verdict ? Il s’agit très probablement d’une anodonte des rivières (Anodonta anatina)… Mais pour confirmer que c’est bien elle, il faudrait une coquille vide à passer sous la loupe.
Nouveau passage sur le site. Deux autres individus vivants sont débusqués, mais toujours pas de coquille vide…
Retour à la voiture bredouille… jusqu’à ce qu’un fossé asséché, reliant les mares du site à la Saône, livre enfin LA coquille manquante.
L’identification est validée !
Il s’agit bien de l’anodonte des rivières. Une belle trouvaille pour cette espèce classée vulnérable (statut UICN) qui voit ses populations s’effondrer dans le sud de la France. Il est aussi intéressant de trouver des individus vivants car l’espèce est observée la plupart du temps sous forme de coquilles vides.
Niché dans la coquille (pas si vide que ça !), un autre mollusque s’était invité : Physella actua, la physe voyageuse, une espèce exotique originaire d’Amérique du Nord !
Et les insectes recherchés initialement dans tout ça ?
Ils ne sont pas en reste avec 18 espèces d’odonates, six espèces de sauterelles, quatre espèces de criquets, et deux individus de cuivrés des marais (papillon des prairies humides quasi menacé dans la région) contactés !
Un condensé de biodiversité impressionnant pour deux petits hectares… et sans doute d’autres surprises à venir lors des prochaines campagnes !
Un grand merci à Julien Ryelandt pour son expertise et la confirmation de cette identification.
Photos : ©G. Doucet
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